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Sunday, January 27, 2008

Alerte, le FPI perd le combat de la communication moderne!

Pendant la crise qui a secoué la Côte d’Ivoire, le FPI avait, dans les premières heures, initié de grandes initiatives communicatives avec la création de sites Internet pour diffuser les images des atrocités des rebelles et les tueries de l’Hôtel Ivoire pendant les évènements de novembre 2004.
Tous les réseaux furent activés par le Service de Communication de ce parti assuré par M. Sassongo Jacques Silué pour que, non seulement la diaspora ivoirienne en général soit au même niveau d’information que les populations abidjanaises, mais surtout pour que les Représentations et Sections du FPI de la diaspora assurent le relais communicatif dans tout le monde. Ce fut un travail de communication remarquable!

On constate aujourd’hui que les ardeurs d’atan se sont estompées. Le Front Populaire Ivoirien semble avoir baissé la garde avec l’état de non-guerre. Ou peut-être l’ardeur au travail n’est plus la même parce que le FPI croit avoir atteint ses objectifs qui étaient de repousser l’adversité externe pour—peut-être—avoir convaincu tout le monde que c’est la France qui faisait la guerre à la Côte d’Ivoire.

Ce que le FPI semble oublier par contre, c’est l’adversité intérieure. Et cette adversité fait tout feu aujourd’hui dans la presse de l’opposition. Il semble que ce parti n’a pas compris que les élections qui s’annoncent à grands pas sont une occasion toute donnée pour que l’opposition tire sur lui à boulets rouges.
La gestion du pays pendant la crise a été commune, intégrant tous les partis significatifs aux différents gouvernements qui se sont succédés à la tête du pays et qu’il a été convenu d’appeler gouvernement de crabes. Mais Gbagbo a toujours soutenu qu’il était à la ‘‘barre’’. Quoi donc de plus normal qu’on accuse les ‘‘réfondateurs’’ de tous les maux à tort ou à raison? Mais ce que je trouve inconcevable, c’est le silence du parti!

Le FPI ne communique pas, refuse de communiquer ou du moins, a confié son destin communicatif à ‘‘Notre Voie’’, un journal qui n’est pas à mesure de porter des critiques constructives au parti à cause du zèle de sa ligne éditoriale et la scélérité avec laquelle certains de ses animateurs se fourvoient souvent en voulant tout défendre sans analyse préalable.
C’est ma conviction et même mon expérience que ‘‘Notre Voie’’ est discréditée aux yeux de ceux qui ont un peu de criticisme dans leur façon de voir les choses.

Ainsi, en continuant de s’appuyer sur Notre Voie, un journal qui se veut ‘‘répondeur automatique’’ à toute critique aussi justifiée qu’elle soit, le FPI a choisi une stratégie de communication sans issue.

Sur cette lancée d’échec de la stratégie de communication du Front, notons que le site Internet du FPI, http://www.fpi-ci.org/index1.htm n’est plus fonctionnel. Au fait, pour les Ivoiriens de la diaspora qui le consultaient, sa fin n’est pas une grande surprise, car ce site n’était plus mis à jour depuis belle lurette. L’arrêt de fonctionnement de ce site est une belle anti-thèse à ces discours lénifiants auxquels s’adonnent souvent avec emphase nos dirigeants, sur la nécessité d’être aux premiers rangs des nouvelles technologies de communication. Il est impensable qu’un grand parti comme le FPI, qui plus, est un parti au pouvoir n’ai pas de site Internet dans ce nouveau millénaire.

Mais au-délà de tout ce qui vient d’être dit, c’est le choix du slogan de la campagne électorale du président Gbagbo qui remporte la palme d’or dans le manque de discernément quant aux messages à communiquer aux électeurs.

Comment comprendre que toute l’intelligensia qui gravite autour du Président Gbagbo et tout l’appareil pensant du FPI n’ont pu détecter que le slogan ‘‘on gagne ou on gagne’’ peut porter en lui les germes de confrontations post-électorales? Peut-on, dans un pays où une grande partie de la population reste illétrée choisir un tel slogan? Et si on ne gagnait pas, que feraient ceux à qui on a fait croire qu’on gagnerait à tout prix?

En choisissant un tel slogan comme cri de ralliement pour la campagne à venir, le FPI semble montrer qu’il n’a pas appris des 7 ans de crise que le pays traverse.
Est-il utile de rappeler les conséquences désastreuses de l’appel irresponsable de M. Ali Coulibaly, porte-parole du RDR qui, au lendemain des élections de l’an 2000 avait fait croire à une partie de la jeunesse de la Côte d’Ivoire que le pouvoir était dans la rue, et qu’il fallait que ces jeunes gens aillent ramasser ce pouvoir-lá?

Notre conclusion est que ce slogan est dangereux et nuisible au pays. Il est tout aussi dangereux que la propagande d’Alassane Ouattara qui proclame partout et avec ferme conviction qu’il sera élu Président de la République aux élections prochaines.

Silence du FPI face à la question Mamadou Coulibaly et le gros dos de l’opposition
Si c’est une stratégie de communication de se taire face à la question Koulibaly, elle est ratée! Il est tout à fait curieux que le FPI s’impose un silence éloquent face à la campagne malveillante, tendancieuse et insidieuse de l’opposition qui tente d’exacerber—elle est en passe d’y réussir—les factions dans le FPI et de créer un problème entre Gbagbo et son ‘‘vice-président’’ Mamadou Koulibaly président de l’assemblée Nationale.

Y a-t-il des critiques internes fait par Mamadou Coulibaly, quoi de plus normal dans un parti qui se veut démocratique?
Mamadou Koulibaly qui n’accompagne Gbagbo ni à la cérémonie de la Flamme de la paix à Bouaké ni dans sa tournée nordique, quoi de plus normal quant on sait que la sécurité dans ces zones n’est pas optimale?

Il faut bien un homme à la tête du pays s’il arrivait quelque chose à Gbagbo dans ces tournées. Et cet homme est bien Mamadou Coulibaly successeur constitutionnel à la tête de l’Etat. A-t-on jamais vu Georges Bush déserter Washington avec Dick Sheney vice-président des USA? Non, parce qu’il faut que l’état continue de fonctionner s’il arrivait quelque chose à l’autre.

Pourquoi le FPI n’est-il pas capable d’expliquer à l’opinion que l’absence de Coulibaly à ces tournées du président est une exigence constitutionnelle? L’explication que le FPI doit aux Ivoiriens a caractère d’ exigence pédagogique, car le FPI en tant que parti de masse, doit être à l’avant-garde de l’éducation des populations et aider au changement des mentalités. C’est pour quoi ce parti n’a pas le droit se taire.

Où est Mamadou Koulibaly, successeur constitutionnel du Président Gbagbo à la tête de l’état? Là encore, les Ivoiriens ont le droit de savoir où se trouve le ‘‘vice-président’’ de leur pays. Du moins, ils ont besoin qu’on communique avec eux. Pourquoi le FPI se terre-t-il et laisse la responsabilité de cette réponse à la pauvre ‘‘Notre Voie’’ qui se dit et se dedit sur la question?
Mamadou Coulibaly a fait preuve d’énormes débauches d’énergie ces dernières années sans prendre de vacances. De sources bien introduites, semble-t-il qu’il n’a pas pris de vacances il ya 2 ans. Pourquoi le FPI ne monte-t-il pas au créneau pour dire que le numéro 2 du régime prend des vacances et qu’il a droit à des vacances paisibles loin des phares médiatiques?

A force de garder le silence sur ces 2 questions et de laisser l’initiative de la communication à l’opposition, tout le monde croit aujourd’hui, qu’il y a un problème de ‘‘personne’’ entre Gbagbo et Koulibaly d’une part, comme l’affirme si haut et fort Ahua Junior qui, d’ailleurs, se gargarise d’avoir été le conseiller de Mamadou Coulibaly. Et d’autre part entre Koulibaly et le FPI. Qu’on le veuille ou pas le malaise est réel. Et même le plus convaincu militant du parti se laisse aller au doute à cause du silence des acteurs concerné: Le FPI, Gbagbo et Koulibaly.

Quand le RDR et son président qui ont une vision très élevée de la communication politique ne se contentent plus des écrits des journalistes sur le sujet—car on peut toujours traités ces derniers de pas sérieux. Mais qu’ils fassent entrer en scène un homme de la trampe de Antoine Ahua Junior, qui malgré tout, jouit de respect auprès de certains patriotes et même de beaucoup d’Ivoiriens de la diaspora...Et qui traîne avec lui le titre pompeux d’ancien conseiller de Mamadou Koulibaly pour lancer la bombe suivante: "Tout le monde dans la classe politique ivoirienne sait qu'il y a un contentieux très sérieux de moralité entre Gbagbo et Mamadou Koulibaly, mais personne n'a rien vu et rien entendu. C'est un tabou. L'affaire éclatera un jour d'elle-même. Il s'agit d'un problème d'atteinte à l'honneur familial dont je m'impose le droit de réserve d'en dévoiler la teneur. De toutes les façons, ça passerait pour un fait divers pour la majorité des Ivoiriens. Mais pour un homme qui se respecte, c'est un motif de haine contre celui qui apporte cette bassesse dans sa cour. Pour tout vous dire, la déchirure est double, politique et interpersonnelle" in Le Patriote du 03.12.07

En utlisant Dr. Antoine Ahua Jr. dans l’affaire Mamadou Koulibaly, disais-je, les adversaires du FPI et du régime de Gbagbo posent un acte de haute portée communicative. Ils misent sur la crédibilité, l’autorité et la connaissance que Dr. Ahua Antoine Jr. a de Mamadou Coulibaly pour atteindre leurs objectifs. Ouattara et le RDR jouent sur l’ethos de Dr. Ahua Antoine Jr. Faire jouer l’ethos de quelqu’un pour faire passer un message en communication, c’est miser sur sa valeur intrinsèque, ses connaissances scientifiques et ses expériences. Or Antoine Ahua Jr. a son titre d’ancien conseiller de Koulibaly pour semer le doute dans les coeurs des militants du FPI.

Enfin, je ne parlerai pas de la communication interne du FPI avec ses militants et ses structures á l’étranger. Cette communication n’existe presque pas. Il n’existe même pas un mailing liste pour communiquer les mots d’ordre du parti à ses animateurs extérieurs.

Au terme de cette analyse, il est impérial que devant l’adversité intérieure actuelle, le FPI modernise sa stratégie de communication pour affronter les défits futurs.
Master en Communication Politique et du développement
Ancien secrétaire général de la Coordination du FPI du DanemarkSecrétaire de la Coordination du FPI Danemark, chargé des relations avec le siège et des structures du FPI à l’extérieur

Monday, April 30, 2007

Adieu Atto Linougnon!!!

Le Baobab s'est couché

Le vieux Zoukoubi Dali alias Kéklé dit Robert s'est, en effet, éteint le samedi 17 novembre .

Le patriarche Dali Kéklé était âgé de près de 85 ans



Le vieux Zoukoubi Dali. Un homme jadis vigoureux et plein de vie. Hélas, la nature humaine a un destin cruel.
Le vieux n'a pu échapper à ce destin.

Il a rejoint le soldat Bôbô-Koudou son père.
Repose en paix et que la terre de tes aïeux te soit lègère



Ici le vieux est assis entre ses deux femmes. Debout derrière lui, un petit groupe de ses nombreux enfants


Ci-haut le vieux Zoukoubi entouré d'un groupe de ses petit-enfants
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Ci-dessous la veuve Magui, ma mère. Yako Magui!!!!

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Les dates des obsèques sont les suivantes:

Le vendredi 11 janvier 2008: levée du corps à la morgue de Ouragahio suivi du transfert à
Siégouékou, où une
grande veillée est prévue dans la soirée.
Le samedi 12 janvier: Inhumation au cimétière de Siégouékou





Wednesday, February 7, 2007

Exode rural et "binguisme": Même fait social à deux époques différentes?

Sur la photo, ces bras valides qui vident les campagnes au profit de la ville
Quand j’étais teenager dans les années 1980, un phénomène secouait la Côte d’Ivoire dont le régime d’Houphouët était beaucoup inquiet; c’était celui de l’exode rural. Ce phénomène était caractérisé par une migration massive de la jeunesse rurale vers les centres industriels—particulièrement vers Abidjan. Ces jeunes portaient avec eux le rêve ou le secret espoir de trouver un boulot pour—entre autres—frimer comme la plupart des citadins qui retournaient dans les villages pendant les vacances.

Sans diplôme ou autre compétence qualifiant à leur boulot de rêve, cet espoir de ces jeunes se transformaient en désillusion, car en fait de boulot, il n’en avait point. Tout d’un coup, l’économie de l’oncle ou le frère travaillant en ville prend un coup, car ces jeunes devraient être logés et nourris.

Abidjan enrégistrait ainsi un boom démographique avec une concentration dense et composite de population. Bien naturellement, cela engendrait des problèmes de transport, de logement, de manque d’emplois qui faisaient naître le grand banditisme et la délinquence junvénile.

Le phénomène qui était aussi historique qu’inquiétant n’a pas échappé aux autorités ivoiriennes de l’époque. Ainsi, les élèves que nous étions, connaissions par coeur notre b.a.-ba sur le thème de l’exode rural qui était enseigné à l’école.

Et comme si cela ne suffisait pas, une campagne massive était lancée dans tout le pays contre ce phénomène. La campagne du ‘‘retour à la terre’’—puisque c’est de cela qu’il s’agit—avait pour groupe cible cette jeunesse rurale atteinte de la limite d’âge des classes de Cm2 et qui ne pouvait donc plus, officiellement, continuer ses études; ceux qui sont sortis de l’école après l’échec au BEPEC et surtout ceux recalés par le redouté, redoutable et défunt BAC Probatoire.

En fait, cette campagne visait à encourager les naufragés du système scolaire ivoirien—généralement les enfants de paysans pauvres—à cultiver la terre pour supporter la production cacaoyère et donner un sens à la politique de l’autosuffisance alimentaire.

On se souvient de la célèbre chanson de Pédro (Wéguy Ped) qui fut l’hymne au retour à la terre et dans laquelle il appelait la jeunesse ivoirienne à abandonner l’aventure citadine, et le rêve des ‘‘pantalons, chemises nouveaux’’ et des ‘‘souliers’’ bien cirés, pour se consacrer à la culture—alors pas trop populaire—de la terre. Au moment où Pédro s’essoufflait dans l’effort de convaincre cette jeunesse, Alpha Blondy lui vînt en appoint avec sa chanson ‘‘Banane Poyo’’.

Le comportement des citadins venus en vacances dans les villages avec leur frime, leur fringue et qui traînaient les plus belles filles du village dans leur sillage, en plus du trafic d’influence qu’ils exerçaient sur tout le monde; ce comportement, disais-je, finissait de convaincre les jeunesses rurales que seul le départ pour la ville devait leur permettre d’être à la hauteur du défi, à eux lancé par ces hommes de la ville. Et ce fut l’exode rural.

Comparativement à l’exode rural, un autre phénomène déchire la jeunesse ivoirienne depuis le début des années 1990, celui du départ vers ‘‘l’Eldorado occidental’’ communément appelé ‘‘Bingue’’ et qui a pour acteurs principaux les ‘‘Binguistes’’.

Ce phénomène migratoire touche, toute—ou presque—la jeunesse africaine. Aujourd’hui, il ne se passe de jours sans qu’on n’entende que des pirogues transportant des candidats à l’immigration ont coulé. Aucun sacrifice n’est de trop pour la jeunesse africaine, pourvue qu’elle atteigne les côtes espagnoles, quitte à risquer sa vie.

En Côte d’Ivoire, le ‘‘binguiste’’ qui, souvent a obtenu son titre de séjour aux prix de privation, humiliation voire même souffrance physique et psychologique ne boude pas son plaisir quand il retourne au pays pour des vacances et cela à l’instar du citadin qui retournait au village dans les années 1980.

Il n’a même pas besoin de se présenter. Même dans les haillons, un binguiste est reconnaissable et les portes s’ouvrent à lui. Les filles qu’il n’aurait jamais eu le culot de draguer s’il était resté en Côte d’Ivoire sont à ses pieds. Qu’est-ce qui fait tant courir ces filles-là? Peut-être le rêve candide et naïf d’être pris dans les ailes du ‘‘binguiste’’ au moment où celui-ci va s’envoler pour son pays ‘‘d’origine’’ ? Peut-être le besoin de frimer et de paraître? Même les femmes mariées et responsables cèdent sous la sagacité de l’identité déclinée du ‘‘binguiste’’. En tout état de cause, faute d’enquête scientifique pour établir les motivations de ces actions, l’on est réduit à un jeu de dévinette.

Toujours est il que dans les maquis ou bars climatisés où les décibels des rythmes saisonniers—‘‘Coupé-décalé’’, ‘‘Aile-de-pigeon’’, ‘‘Grippe Aviaire’’, ‘‘Wôrôssô’’ etc— vrombissent à vous casser les tympans, il suffit que la compagne ou compagnons soufflent au DJ-chanteur qu’un ‘‘binguiste est là’’ pour que son ‘‘atalakou commence à sortir’’. Le flatteur vivant ‘‘au dépens de celui qui l’écoute’’, le ‘‘binguiste sort les ‘‘Euros’’ pour son ‘‘petit’’, le DJ. La ‘‘petite go’’, les amis, cousins et neveux qui accompagnent le frère binguiste dans le maquis ou bar climatisé sont servis à l’alcool à satiété. Tout y passe: les biéres, vins mousseux et liqueur coulent à flots.

Dans les familles, ce jeune qui mangeait à la cuisine avec les autres pendant qu’il vivait au pays, est soudainement placé sur le piédestal; le tapis rouge lui est déroulé sous les pieds. Il mange désormais à table avec les Grands parce qu’il vient de l’Occident. Tout le monde est aux petits soins du ‘‘binguiste’’ qui est aussi aux petits soins de tout le monde.

Un tel trafic d’influence, un tel mythe ou une telle hystérie entretenue, qui par le ‘‘binguiste’’ lui-même, qui par son entourage n’échappe à personne. C’est donc à juste titre que beaucoup veulent partir de ‘‘l’autre-côté-de-l’eau’’; ils veulent ‘‘binguer’’, car existe-t-il quelqu’un qui refuserait d’avoir ce capital économique et social? Qui ne veut pas être à l’abri des coups de feu qui sont tirés à Abidjan depuis les évènements de septembre 2002 et qui a plongé le pays dans un coma économique et social?

Tout comme le citadin qui retournait au village pendant les vacances, le ‘‘binguiste’’ ne rend pas fidèlement compte des réalités qui sont les siennes. Il se retrouve en train de vendre des illusions ou du moins, il n’a pas d’autre choix que de vendre des illusions, car dans tous les cas de figure, il est considéré par tout le monde comme riche. Qu’il choisisse d’être humble, il y aura de quoi lui reprocher, donc autant vivre comme les autres s’attendent à ce qu’il vive! Voilà en fait, le grand dilemme du binguiste!

Il y a donc une interaction cynique, un jeu social entre le ‘‘binguiste’’ et son entourage dans lequel chacun connaît l’agenda l’un de l’autre sans se l’avouer. C’est un jeu où une partie joue habilement le prosterné, le lèche-cul, souvent même le mendiant et, oú l’autre partie joue le parvenu, le fanfaron et l’insouciant… Et chacun se plaît dans sa position, c’est une lutte d’intérêt!

En tout, l’interaction entre le ‘‘Binguiste’’ et son entourage abidjanais reflète l’image d’une Côte d’Ivoire pauvre, attendrie au point que l’esprit de discernement n’est plus de mise. Tout ce qui brille semble être de l’or.

Ce qui est remarquable, c’est que depuis le phénomène de l’exode rural des années 1980 jusqu’au ‘‘binguisme’’ d’aujourd’hui, les acteurs agissent dans le même registre. Le citadin des années 1980 joue le même rôle que le ‘‘binguiste’’ d’aujourd’hui et l’acte de l’abidjanais a les mêmes similitudes que celui du jeune rural. Il y a là deux phénomènes similaires se déroulant dans des contextes différents et à des époques différentes. Mais la pauvreté constitue le fond dur de ces 2 phénomènes. Cela montre la justesse de ce déterminisme scientifique qui veut que les mêmes causes produisent les mêmes effets—idée à laquelle je me vois souscrire pour une fois

Je ne crois pas au "Dialogue Direct"

Que d’encre et de salive coulant sur la proposition du Président ivoirien de rentrer en contact ‘‘direct’’ avec Soro Guillaume, maestro de la rébellion ivoirienne. Qu’il me soit permis ici d’exprimer mon scepticisme quant à la réussite de ce dialogue entre les 2 principaux belligérants du conflit ivoirien. Loin de moi l’intention de jouer les oiseaux de mauvaise augure, mais la réalité objective du conflit ivoirien durant ces 5 dernières années, est telle qu’il serait illusoire de jubiler et de penser que le ‘‘dialogue direct’’ proposé par le Président Gbagbo garantit une issue heureuse au ‘‘cafouillage’’ abidjanais. Mon scepticisme ne réside pas dans la justesse ou l’opportunité de cette proposition, mais plutôt dans les prémisses de ce dialogue. En effet, pour l’observateur que je suis de ce j’appelle le cafouillage politique qui prévaut en Côte d’Ivoire depuis septembre 2002, il serait difficile de voir les parties en conflit assouplir leur position pour un dialogue civilisé, et pour cause. Nul n’ignore que la pierre d’achoppement de ce conflit a toujours été le refus des rébelles de désarmer si les cartes d’identités nationales ne sont pas distribuées à certains Ivoiriens dont ils se veulent les champions. Du côté présidentiel, la position est qu’il n’est pas question de brader la nationalité ivoirienne, aux étrangers qui constituent le gros lot des supporters de la rébellion et qui constituent la grande partie de l'électorat potentiel du RDR qui est l'organisation politique légale cachée derrière cette rébellion. Des accords ont été signés pour tracer les sillons de la résolution de ce conflit sans succès. Le plus récent est la résolution 1721 qui donne tous les pouvoirs au Premier Ministre Jean Konan Banni et réduit le président Gbagbo au rôle comme celui de la reine Margarethe II du Danemark, rôle se limitant à inaugurer les chrysanthèmes. Le Président Gbagbo a d'ailleurs signé l’arrêt de mort de cette résolution dès sa proclamation, mais Soro Guillaume s’accroche à elle comme un naufragé à un morceau de bois dans l'eau. Comment espèrent-ils discuter sans être d’accord sur le 1721? De plus, la gestion du scandale du Probo Koala par le Premier Ministre Konan Banny a provoqué l’ydre du Président Gbagbo qui a limogé Kébé Yacouba le directeur général pro-rébelle de la télévision nationale pour le remplacer par Brou Amessan, considéré comme un de ses hommes. Il a, en outre, réinstallé dans leurs fonctions—après leur suspension par Konan Banny—le Gouverneur du District d’Abidjan, les directeurs généraux du Port Autonome d’Abidjan et de la Douane. Tout le monde sait le désaccord de Soro sur la gestion du scandale du Probo Koala par le Président Gbagbo. Soro exige ainsi, le limogeage d'Amondji du District d'Abidjan, de Gossio du Port et de Gnamien Konan de la Douane de même que la réinstallation de Kébé Yacouba dans ses fonctions de DG de la RTI. Laurent Gbagbo est-il prêt à fléchir, au risque de se dédire sur sa gestion du Probo Koala? Tout le monde sait Soro intransigeant dans ses exigences. Ca, au moins, il faut le lui reconnaître. Quel fait nouveau y-a-t-il aujourd’hui dans la crise qui fait croire que les choses vont changer par enchantement? Il est vrai que toute négociation exige des concessions de part et d’autres. Que donnera Soro? Le désarmément sans avoir recu les cartes d’identité? que recevra-t-il de Gbagbo? Le poste de Premier Ministre? Que donnera Gbagbo? Le poste de DG. de la Télé à Soro, la ré-suspansion des DG de la douane, du port et du Gouverneur au risque de passer pour léger? Veut-on nous faire croire qu’il suffit de faire miroiter le poste de Premier Ministre à Soro pour qu’il lâche du lest? Autant de questions auxquelles il faudra que l’on trouve des réponses appropriées pour garantir la réussite des pourparlers interivoiriens. Il est vrai que le Burkina et le beau Blaise conduisent les négociations, mais les positions restent figées comme cela est le cas ces 5 dernières années et il sera difficile de trouver une issue heureuse sans des réponses aux inquiètudes légitimes soulevées un peu plus haut. Ont-ils donc décidé de mettre un peu d’eau dans leur vin pour faire rêver les Ivoiriens? Une issue heureuse à ce dialogue sera sans nul doute le meilleur cadeau de ce debut d'année 2007 aux Ivoiriens. Mais encore faut-il y croire…et moi je n’y crois pas, car j’ai peur qu’au finish, Gbagbo et Soro ne se mettent d’accord que sur leur désaccord. D'emblée, Le président Gbagbo aura eu le mérite d’essayer un remède venant de lui. Soro Guillaume aura le mérite de saisir au bond la main tendue. En tout cas, wait and see, disent les hommes du pays de Shakespeare. Par Blay-Azu Dali